15 avril 2011
(CORNERBROOK, Terre-Neuve) - Des observateurs du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW - www.ifaw.org) circulent actuellement le long des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador pour documenter le déroulement de la chasse commerciale aux phoques. Dès la journée d’ouverture de la chasse, l’IFAW a capté sur vidéo plusieurs violations apparentes de la règlementation en vigueur.
« Nous avons vu de nombreux cas où le processus d’abattage en trois étapes n’a pas été suivi, expliquait Sheryl Fink, la directrice du programme de protection des phoques à l’IFAW. Les chasseurs ne font pas le test pour vérifier que les phoques sont inconscients, et ils omettent de les saigner. Nous avons filmé des scènes horribles où on voit un bébé phoque vivant se faire trancher l’abdomen alors qu’il est vraisemblablement toujours conscient. Puis on le lance dans le fond du bateau. Pendant plusieurs minutes, on le voit agiter les nageoires et faire des mouvements qui semblent clairement volontaires, et on continue d’empiler d’autres phoques par-dessus lui. »
Le « processus en trois étapes » est une méthode qui vise à s’assurer que les phoques ne souffrent pas inutilement. On doit tuer l’animal bar balle ou le frapper avec un gourdin ou un hakapik, vérifier qu’il est inconscient, puis le saigner pour garantir la mise à mort. Le Règlement sur les mammifères marins exige aussi que les chasseurs ramènent la peau ou la carcasse des animaux tués lors de la chasse commerciale aux phoques.
« Nous avons des documents visuels qui prouvent que des bébés phoques âgés d’environ trois semaines ont été tués, puis abandonnés sur la glace, la peau intacte, poursuivait Fink. Ce comportement va clairement à l’encontre de la loi, il est contraire à l’éthique et il constitue un gaspillage inacceptable des ressources fauniques. »
« Que font les forces de l’ordre? Où sont les agents sensés faire la surveillance? se demandait Fink. Si les chasseurs enfreignent la règlementation si ouvertement alors qu’ils savent qu’on les filme, je n’ose pas imaginer ce qu’ils font quand personne ne les voit. »
Le gouvernement affirme que la chasse est exempte de cruauté et qu’elle est vitale pour l’économie des collectivités locales. Pourtant, l’IFAW a documenté à maintes reprises des situations comme celle de cette année. En fait l’IFAW a clairement démontré que les règles sont souvent ignorées et que la chasse commerciale est cruelle. Quant au rôle économique de la chasse, soulignons que cette année les chasseurs se tournent vers la pêche au crabe, plus rentable, ce qui démontre que l’industrie de la chasse aux phoques peut facilement être remplacée.
« Il n’y a absolument aucune raison de poursuivre cet abattage annuel, ajoutait Fink. La chasse n’est pas rentable et un chasseur a déclaré récemment qu’on la pratiquait maintenant comme un “sport”. Le gouvernement du Canada doit reconnaître que la chasse est cruelle et qu’elle n’est pas nécessaire, et il doit y mettre fin immédiatement. Ce que nous avons observé cette année jusqu’ici est tout simplement inacceptable – il n’y a pas d’excuses qui tiennent. »
En plus d’être cruelle, la chasse entraîne un gaspillage des fonds publics. En 2010, la valeur au débarquement des phoques abattus pendant la saison de chasse commerciale s’élevait à un peu plus d’un million de dollars, mais on estime que le gouvernement a dépensé 2,3 millions pour la soutenir.
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